Le Matcha, empreinte du Japon

Longtemps associé à la cérémonie du thé, le matcha s’est aujourd’hui largement imposé au-delà du Japon. On le retrouve aussi bien dégusté traditionnellement que dans les lattes, les desserts et de nombreuses recettes. Mais derrière cette poudre de thé vert devenue incontournable, il existe un savoir-faire bien particulier. On vous dit tout sur ses origines et sa fabrication !

Histoire et origines du matcha

Estampe, moines préparant du thé
Poetry Competition of Artisans, vol.2 from a set of three vols. - 1632 - Japon

L’histoire du matcha commence bien avant son arrivée au Japon. Sous les dynasties Tang puis Song, le thé chinois se présente notamment sous forme de thé compressé en galettes, que l’on réduit en « poudre » avant de le préparer. Sous les Song, le thé en poudre est battu dans l’eau chaude à l’aide d’un fouet en bambou, une pratique qui présente déjà des similitudes avec la préparation du matcha.

Mais le matcha tel qu’on le connaît aujourd’hui n’existe pas encore. C’est au Japon que cette manière de préparer et de consommer le thé va progressivement évoluer, jusqu’à donner naissance à une véritable culture du matcha.

L’arrivée du matcha au Japon

Au XIIe siècle, le moine zen Myôan Eisai revient de Chine avec des graines de thé. Cette arrivée transforme la culture du thé au Japon. Le thé en poudre trouve rapidement sa place dans les monastères zen. Il se diffuse ensuite auprès des élites et des samouraïs.

À cette époque, le thé en poudre se prépare dans le bol. On y ajoute de l’eau chaude avant de le fouetter avec un fouet en bambou, le chasen. Contrairement à un thé infusé, les feuilles ne sont pas retirées : elles sont consommées sous forme de poudre.

Au cours de l’époque Muromachi (1336–1573), le thé prend une place de plus en plus importante dans la société japonaise. Les réunions autour du thé deviennent des moments d’échange et de sociabilité, notamment parmi les classes dirigeantes, et participent au développement de la culture du thé au Japon.

L’âge d’or du matcha

À l’époque Azuchi-Momoyama (1573–1603), la cérémonie du thé, appelée chanoyu connaît un important développement. Le maître de thé Sen no Rikyû (1522–1591) joue un rôle majeur dans son évolution et contribue à établir une esthétique fondée notamment sur la simplicité, l’harmonie et l’attention portée aux gestes.

Au fil des siècles, le matcha reste étroitement associé à la cérémonie du thé japonaise, tout en trouvant de nouveaux usages. Aujourd’hui, il est aussi utilisé dans les boissons, les pâtisseries et de nombreuses créations culinaires, au Japon comme à l’étranger.

Comment est fabriqué le matcha japonais ?

Le processus de fabrication du matcha est long et méticuleux. Chaque étape joue un rôle clé dans l’obtention de cette poudre de thé.

Tout commence par la culture des théiers, principalement dans des régions japonaises comme Uji, Nishio ou Kagoshima, où le climat et le sol sont favorables. Les jeunes feuilles de thé sont récoltées à la main, généralement au printemps, lorsque la qualité des feuilles est optimale. 

L’ombrage des théiers

Étape d'ombrage des feuilles de thé matcha
Étape d’ombrage des feuilles de thé matcha

Avant la récolte, les théiers sont ombragés pendant environ trois semaines. Cette étape, cruciale, permet de limiter l’exposition directe au soleil, ce qui favorise la production de chlorophylle et réduit la présence de catéchines, donnant au matcha sa couleur verte vibrante et son goût doux.

 

 

 

La cuisson vapeur et le séchage

Étape de cuisson des feuilles de matcha
Étape de cuisson des feuilles de matcha

Après la cueillette, pour prévenir l’oxydation et la fermentation, les feuilles de thé fraîches sont rapidement envoyées dans l’usine de traitement où elles sont cuites à la vapeur. Ce processus permet de préserver leur couleur verte éclatante, leur arôme frais et leurs bienfaits nutritionnels.

 

 

Étape de séchage des feuilles de matcha
Étape de séchage des feuilles de matcha

Les feuilles sont ensuite placées dans une machine à air avec plusieurs chambres où un léger flux d’air permet de les refroidir tout en réduisant leur taille d’environ six fois par rapport à leur forme initiale. À ce stade, elles sont appelées « aracha ». Pour leur séchage final, les feuilles sont étalées sur une grande surface plane.

 

Étape de broyage des feuille de matcha
Étape de broyage des feuille de matcha

Le broyage sur meule de pierre

Les feuilles sont ensuite broyées à l’aide de pierres de granit, un processus extrêmement lent et délicat qui permet d’obtenir une poudre fine et homogène. Ce broyage est essentiel pour garantir une texture idéale et un goût parfait. La finesse de la poudre dépend de la qualité des pierres et de la méthode de broyage utilisée.

Une fois broyé, le matcha est conservé dans des conditions soigneusement contrôlées, loin de la lumière et de l’air, pour préserver sa fraîcheur et ses propriétés. La poudre obtenue est d’une grande qualité, riche en antioxydants et en nutriments.

Conclusion : plus qu’un thé, un rituel de vie

Le matcha, avec son histoire unique et sa préparation minutieuse, ne cesse de séduire. Plus qu’une simple boisson, il incarne un savoir-faire ancestral qui s’adapte aux habitudes d’aujourd’hui, offrant une expérience de dégustation authentique et pleine de sens. 

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