Shunbun no Hi : la fête de l’équinoxe du printemps

Alors que l’hiver laisse place aux premiers signes du printemps, le Japon célèbre Shunbun no Hi, l’équinoxe de printemps. Chaque année, autour du 20 mars, le jour et la nuit s’équilibrent parfaitement, symbolisant à la fois le réveil de la nature et l’arrivée officielle du printemps dans le calendrier japonais traditionnel.

Les origines du Shunbun no Hi

Historiquement, l’équinoxe de printemps était associé à des cérémonies shintoïstes honorant les esprits des ancêtres impériaux, connues sous le nom de Shunki Kôreisai. Après la Seconde Guerre mondiale et la mise en place d’une nouvelle constitution séparant État et religion, le Shunbun no Hi est devenu un jour férié officiel en 1948, détaché de ses origines religieuses impériales.

Le Higan : une semaine dédiée aux ancêtres

Dans le bouddhisme japonais, l’équinoxe du printemps marque également le Haru no Higan, une période de sept jours comprenant les trois jours précédant l’équinoxe du printemps, le jour même et les trois jours suivants.

Le mot Higan signifie « l’autre rive », une métaphore du monde spirituel. Selon la tradition, l’équinoxe est un moment où la frontière entre le monde des vivants et celui des ancêtres est symboliquement plus proche. On retrouve la même tradition pour l’équinoxe d’automne, le Shûbun no Hi, aux alentours du 22-23-24 septembre. 

Durant cette semaine, de nombreuses familles se rendent dans les cimetières pour :

  • nettoyer les tombes familiales
  • déposer des fleurs et de l’encens
  • prier en mémoire des défunts

Ces visites constituent une manière importante de préserver le lien avec les générations passées. C’est un moment où le monde des vivants se rapproche symboliquement de l’au-delà, permettant aux familles de rendre hommage à leurs ancêtres.

Shunbun no Hi aujourd’hui

Aujourd’hui, pour beaucoup de Japonais, le Shunbun no Hi est aussi l’occasion de profiter des premiers signes du printemps. Les parcs et jardins commencent à se couvrir de fleurs, notamment les pruniers et parfois les premiers cerisiers.

Cette période annonce ainsi l’arrivée prochaine de la célèbre saison des sakura, durant laquelle les Japonais pratiquent le hanami, la contemplation des cerisiers en fleurs.

Enfin, certaines familles perpétuent la tradition du Higan en se rendant dans les cimetières pour nettoyer les tombes et déposer des offrandes en mémoire des défunts

Les spécialités culinaires du Shunbun no Hi

Pendant le Higan, une spécialité est particulièrement appréciée : les botamochi.

Ces petites pâtisseries sont composées de riz gluant recouvert de pâte de haricots rouges sucrée (anko, disponible en vente sur notre site Umami). Elles sont souvent déposées sur les autels familiaux comme offrande aux ancêtres avant d’être partagées entre les membres de la famille.

Leur nom provient de la pivoine (botan), une fleur associée au printemps. Une pâtisserie similaire est consommée lors de l’équinoxe d’automne, appelée ohagi.

 

Conclusion

Entre traditions familiales, hommage aux ancêtres et observation de la nature, le Shunbun no Hi marque l’arrivée du printemps au Japon. Cette journée symbolise l’équilibre entre les saisons et rappelle l’importance du lien entre la nature, les générations passées et la vie quotidienne.

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