Si en France, la majorité civile est fixée à 18 ans, au Japon, c’est à 20 ans que les jeunes Japonais deviennent officiellement adultes. Pour fêter cet évènement, les Japonais ne font pas les choses à moitié : y est dédié le Seijin no Hi, un jour férié où se déroule le Seijin Shiki, une cérémonie officielle marquant l’entrée dans l’âge adulte. On vous explique tout dans cet article !
Les origines du Seijin no Hi
Si la forme actuelle est récente, l’idée de célébrer le passage à l’âge adulte est bien plus ancienne. On en trouve des traces dès l’époque de Nara, au VIIIᵉ siècle, au sein de l’aristocratie japonaise.
Les jeunes garçons participaient alors à une cérémonie appelée genpuku, au cours de laquelle ils adoptaient une tenue et une coiffure d’adulte. Ce rite marquait leur changement de statut au sein de la société. Les jeunes femmes avaient également leur propre cérémonie, appelée mogi, qui marquait l’accès à l’âge adulte à travers des codes vestimentaires et esthétiques précis. Avec le temps, ces pratiques se sont diffusées et ont pris des formes plus simples. À l’époque d’Edo, guerriers comme gens du peuple perpétuaient ces rites de passage.
Le Seijin no Hi et le Seijin Shiki aujourd’hui
Le Seijin Shiki est la cérémonie japonaise qui marque l’entrée dans l’âge adulte. La cérémonie telle qu’on la connaît aujourd’hui se met en place en 1948, dans le Japon de l’après-guerre. Les autorités souhaitent alors créer un événement symbolique destiné à encourager la jeunesse à envisager l’avenir avec confiance. La date est fixée au 15 janvier et devient officiellement un jour férié.
À la fin des années 1990, une réforme du calendrier des jours fériés, appelée Happy Monday Seido, vise à déplacer certaines célébrations au lundi afin de favoriser les week-ends prolongés. Depuis l’an 2000, le Seijin no Hi est ainsi célébré le deuxième lundi de janvier.
Jusqu’en 2022, la majorité civile était fixée à 20 ans, mais elle a depuis été abaissée à 18 ans, afin de s’aligner sur les standards internationaux. Pour autant, la tradition persiste : le Seijin Shiki continue de concerner les jeunes Japonais atteignant 20 ans, un âge qui reste fortement associé à l’idée de maturité et de responsabilité dans la société japonaise.
Les tenues traditionnelles
Aujourd’hui encore, l’apparence occupe une place centrale dans la célébration. Le furisode, kimono aux longues manches porté par les jeunes femmes, est devenu l’image emblématique du Seijin no Hi.
Les jeunes hommes optent le plus souvent pour un costume sombre, même si certains choisissent de porter un kimono ou un hakama.
Comment se déroule la cérémonie ?
Le Seijin Shiki se tient généralement dans une salle municipale, un centre culturel ou une salle de spectacle. Les jeunes concernés reçoivent une invitation officielle envoyée par la mairie. Celle-ci est indispensable pour assister à la cérémonie.
Le jour même, beaucoup commencent la journée par une préparation soignée, en particulier celles et ceux qui portent un kimono. Coiffure et habillage sont souvent réservés à l’avance, parfois plusieurs mois avant la date de l’événement.
La cérémonie débute par des discours prononcés par des représentants de la municipalité, le plus souvent le maire. Ces interventions rappellent la signification du passage à l’âge adulte et s’adressent directement aux nouveaux majeurs. Dans certaines villes, des jeunes prennent également la parole pour partager leurs projets ou leurs réflexions.
À l’issue de la cérémonie, un souvenir ou un livret commémoratif est parfois remis aux participants. La journée se poursuit ensuite de manière plus informelle, avec des photos prises en famille ou entre amis, puis un repas partagé pour marquer cet événement.
Que mange-t-on au Seijin Shiki ?
Le Seijin Shiki est aussi l’occasion de célébrer autour de plats choisis pour marquer cette étape de la vie. Si chaque famille peut adapter le menu à sa façon, certains mets reviennent souvent.
Parmi les classiques, on retrouve le sekihan, ce riz rouge aux haricots azuki qui accompagne toutes les grandes étapes de l’existence. Sa couleur porte-bonheur symbolise la chance et la prospérité.
On sert aussi des chirashi ou temarizushi : colorés et festifs, ces sushis conviennent à tous les goûts et apportent de la gaieté à la table.
Pour ceux qui souhaitent mettre un peu plus de raffinement, le repas peut inclure des sashimis, des crabes ou des crevettes, voire du bon bœuf : des produits plus précieux que l’on réserve habituellement aux grandes occasions.
Et côté douceur, des wagashi (pâtisseries japonaises) délicats à base de pâte d’haricot rouge azuki ou de châtaigne, souvent façonnées en formes rondes, symbolisent un avenir harmonieux et offrent une note subtile et poétique à la célébration.
Conclusion
Bien plus qu’une formalité administrative, le Seijin no Hi reste un moment chargé de sens. Il marque un équilibre très japonais entre tradition, responsabilité sociale et célébration collective. Un passage symbolique qui rappelle combien, au Japon, devenir adulte est autant une affaire personnelle qu’un engagement envers la société.


