Le kimono : plus qu’un habit, un lien avec l’histoire

kimono japonais

Le 13 janvier c’était la journée sans pantalon. Une journée un peu spéciale dont nous n’avons pas vraiment connaissance mais qui est l’occasion parfaite pour vous présenter le kimono japonais. Désormais ce mot est connu des occidentaux mais dans notre imaginaire il s’apparente plutôt à un peignoir léger, une veste, etc.

Saviez-vous que l’histoire du kimono retrace l’histoire du Japon et de ses influences ? 

Pour les français le Japon c’est un mélange de tradition et de modernité. La modernité avec les grattes ciels immenses et les mangas. La tradition avec les temples et les samurai. Lorsque l’on pense à la mode japonaise, des costumes colorés de cosplay, de lolita et autres nous viennent en tête en même temps que ces habits si traditionnels qui nous semblent dépassés ! Vous allez voir que le kimono n’a rien de poussiéreux et qu’il garde sa place dans la culture japonaise.  ( Cet article ne fait qu’un bref résumé de l’histoire du kimono qui pourrait remplir des pages et des pages tellement elle est riche et liée à l’histoire même du Japon.)

L’ancêtre du kimono ? 

Lors de la période Asuka (6-7ème siècle), les premiers échanges diplomatiques avec la Chine voient le jour. Des émissaires chinois sont d’abord envoyés au Japon, avant que leur homologues japonais fassent de même et ne partent en Chine. A cette époque, la culture chinoise rayonnait dans la région d’Asie de l’Est. Le Japon ne fut donc pas en reste et s’inspira grandement de la Chine de l’époque que ce soit en matière de politique, d’art ou même de religion. Les nobles commencèrent à se vêtir à la chinoise. 

Juni Hitoe - Kimono aristocratie japonaise
Juni Hitoe – Kimono aristocratique japonais

Ce n’est qu’à l’époque Heian (8ème-127me siècle) que l’ancêtre du kimono voit le jour. Au milieu de l’ère Heian, l’influence chinoise diminue fortement jusqu’à l’arrêt des relations entre les deux pays en 894. C’est alors l’émergence d’une culture japonaise plus insulaire et singulière avec notamment l’apparition du “juni hitoé”, en français les “douze kimono”

A cette époque, les habitations japonaises sont en bois, avec des portes et fenêtres en papier japonais. De grands courant-airs circulent dans les maisons afin de les rafraîchir efficacement l’été mais c’est une énorme source de déperdition d’énergie l’hiver.  Afin de se couvrir chaudement,  l’habitude fut prise d’enfiler plusieurs couches de tissus, jusqu’à 12 pour les dames de la haute société, c’est le “juni hitoe”

Le junihitoe était composé d’un “ko-sode” un habit à manches courtes et étroites, ainsi que d’un “pantalon” hakama rouge auquel on ajoutait plusieurs couches de tissus à manches plus longues. Les dames jouaient avec les couleurs de chaque épaisseur afin de créer des motifs harmonieux liés aux saisons. Cette tradition vit le jour dans l’aristocratie mais le peuple, n’ayant pas les moyens de porter autant de tissu, se contentait de porter le ko-sode, considéré comme simple sous vêtement des nobles. Le ko-sode est ce qui se rapproche au yukata d’aujourd’hui, le kimono d’été. 

Contrairement aux riches habits qui le recouvraient, le ko-sode avait des manches plus étroites et peu ouvertes et il gardait mieux la chaleur ! C’est lui l’ancêtre du kimono !

L’évolution du kimono ? 

A l’époque Kamakura (12-14ème siècles), le pouvoir passe de l’aristocratie à la classe des guerriers. Issus du peuple, les guerriers portaient de riches habits lors des ceremonies officielles mais se vêtaient plus simplement du ko-sode en privé. Lorsqu’ils obtinrent le respect en tant que dirigeants, ils n’eurent plus besoin de suivre si strictement les règles pré-établies et le port du ko-sode devint plus officiel. 

Kosode de l'époque d'Edo (Google image)
Kosode de l’époque d’Edo (Google image)

Jusqu’à l’époque d’Edo (17-19ème siècles) le “kimono”, si l’on résume ainsi, était bien plus long qu’aujourd’hui. On n’avait pas les même codes de bienséance et de posture et sa longueur était bien pratique pour cacher les parties du corps exposées lorsque l’on s’asseyait en tailleur par exemple. La ceinture obi était quand à elle plus étroite et courte, on pouvait l’attacher selon son envie devant ou derrière.  Au milieu de l’ère d’Edo, on cherche à mettre plus en valeur la silhouette, le kimono s’affine. Les commerçants gagnent également en richesse et l’exposent dans leur habits. Les motifs brodés d’or se multiplient et l’obi s’allonge. Les styles de noeuds se diversifient et l’obi s’attache de plus en plus en arrière afin de permettre à celui ou celle qui le porte de voir ses pieds quand il marche. 

 

 

 

A partir de l’ère Meiji (1868-1912) et l’ouverture au monde occidental, les modes de vie changent et le kimono perd de plus en plus de terrain au profit des tenues occidentales plus adaptées à une vie nouvelle. Au début les habits occidentaux sont chers et réservés à l’élite et aux uniformes de l’armée, des professeurs et des fonctionnaires. Le peuple plus modeste, envieux de suivre le mouvement, commence à mélanger les kimonos avec quelques accessoires comme  les chaussures et les chapeaux à l’occidentale par exemple. 

Le kimono aujourd’hui ? 

Kimono traditionnel de mariage
Kimono traditionnel de mariage

Désormais le kimono est plutôt un habit de fête que l’on sort lors de certaines occasions tels que la remise des diplômes de l’université, la fête de la majorité, la fête des enfants Shichi-go-san, les mariages (pour la mariée ou les invités), la cérémonie du thé, les célèbres matsuri de l’été ou encore à l’occasion d’une promenade dans la ville de Kyoto où l’on peut louer un kimono/yukata le temps d’un après midi. 

 

 

Femme en kimono moderne, Tokyo Fashion
Femme en kimono moderne, Tokyo Fashion

Dans son utilisation traditionnelle le kimono reste codifié ! En fonction de l’occasion certaines couleurs sont à privilégier de même que l’emplacement ou le type des motifs. Mais on constate aussi un renouveau ! Les motifs et couleurs des tissus traditionnels laissent la place à des motifs géométriques et des contrastes plus importants de couleurs. La nouvelle génération quand a elle se ré-approprie ce morceaux de tradition avec beaucoup d’ingéniosité : les tissus sont utilisés pour faire des empiècements sur du jean ou pour fabriquer des sacs à main. Le kimono se décline en veste légère et colorée ou se mélange avec des pièces plus contemporaines et on voit les kimono vintag s’arracher au Japon comme en Occident !

Se sentir comme en kimono chez soi

Certains d’entre vous ont peut-être déjà eu la chance d’aller au Japon et de porter un kimono ou un yukata voire même d’en ramener un à la maison. Si ce n’est pas votre cas, rien de mieux qu’une bonne tasse de thé pour vous sentir comme au Japon, assis sur un tatami dans une ambiance calme et paisible. Oui le parallèle entre l’habit traditionnel japonais et la cuisine est peut-être un peu étroit hahaha. 

En réalité pas tant que ca ! Le kimono se porte lors de l’exercice des nombreuses voies artistiques japonaises comme l’ikebana (art floral) mais également lors de la cérémonie du thé ! On le retrouve aussi dans les restaurants de standing, côté personnel et client, dans les hotels, etc. Il est synonyme de tradition, de savoir vivre et de qualité haute gamme. 

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