Introduction
L’O-Bon est une fête bouddhiste japonaise célébrée en août pour honorer les esprits des ancêtres. On pense que leurs âmes reviennent brièvement dans le monde des vivants afin de partager un repas avec leur famille. O-bon fait référence au plateau « 盆 » (bon) sur lequel on dispose les offrandes destinées aux défunts. Après 4 jours de festivités, ils rentrent dans leur monde.
Le saviez-vous ? O-bon n’est pas célébré aux mêmes dates dans tout le Japon ! En effet, cette période de 4 jours peut avoir des dates différentes en fonction des calendriers. Ainsi, dans la partie Est du Japon (Kanto) il est plutôt célébré entre le 13 et le 15 juillet tandis que dans le Sud-ouest du Japon, il est davantage coutume de faire O-bon un mois plus tard. En effet, du 13 au 15 août, nous sommes plus proches des dates du calendrier lunaire anciennement en vigueur. C’est d’ailleurs une des plus grosses périodes de congés japonais !
Une origine héritée du bouddhisme
Tout comme le Kodomo No Hi et le festival de Tanabata, l’O-bon trouve ses origines en Chine. Mentionnée pour la première fois dans le Nihon Shoki (日本書紀), des chroniques japonaises datant du VIIIᵉ siècle, elles feraient mention de cette pratique à l’ère Asuka (550 – 710). À l’origine japonaise de cette fête, on retrouve le 33ᵉ empereur “Suiko” qui aurait fixé ses prémices, suivi par l’empereur “Shōmu” qui aurait instigué les premières cérémonies au sein du palais impérial. Un millénaire plus tard, O-bon s’est totalement démocratisé et les codes de cette pratique sont partagés dans tout le pays.
Les activités du O-bon
Héritée du bouddhisme, cette fête s’organise principalement autour de longues prières. Pendant 4 jours, emplis de souvenirs de famille et de nostalgie, les japonais se recueillent aux temples et au cimetière afin d’y ressentir la présence de l’être perdu.
Mukaebi & offrandes
Si la famille est shintoïste, elle dépose également du saké, des bougies, du sel. On peut retrouver des produits de la mer comme l’algue kombu ou tout plat apprécié par les défunts. On peut par ailleurs retrouver des tablettes funéraires, une composition d’ikebana ainsi que des suspensions de physalis (hoozuki) dont la forme rappelle une lanterne.
Par la suite, on installe deux autels appelés “Butsudan”, un pour les ancêtres de la famille et un deuxième pour les esprits errants seuls, sans attache. On y dépose des offrandes de nourritures, comme des dango (petites boules à base de riz gluant) ou encore des fruits frais afin qu’ils soient ramenés et savourez dans le monde de l’au-delà. Le deuxième jour, les japonais profitent de cette célébration pour aller nettoyer et se recueillir sur les tombes familiales où on convie également un moine à y prier.
Ateliers manuels
Pour s’assurer de la bonne traversée entre le monde des morts et celui des vivants, les japonais fabriquent des shôryô uma (精霊馬), indispensables moyens de locomotion des esprits. Il s’agit de piquer 4 allumettes dans un concombre et une aubergine pour représenter un cheval et un bœuf. Le cheval, grâce à sa rapidité, peut rejoindre au plus vite sa famille, quant au bœuf, pouvant porter de lourdes charges, transportent les nombreuses offrandes sur son dos pour rentrer dans le royaume de l’au-delà.
Bon-Odori
Cette danse folklorique, exécutée la nuit, avait lieu à l’origine au sein des temples et sanctuaires. Aujourd’hui, elle se produit plus fréquemment sur la place publique. On y érige un haut échafaudage en bois appelé “yagura” sur lequel on effectue une chorégraphie simple autour d’un tambour sur une musique jouée par des joueurs de taiko et de cymbales. Tout cela se déroule dans une ambiance “matsuri” avec évidemment des yatai (stand de street-food).
Okubiri & Toro Nagashi
Le dernier jour des festivité a lieu l”okubiri” (送り火), un feu allumé lorsque le soleil disparaît, afin d’accompagner les ancêtres à trouver le chemin du retour. Dans certaines régions du Japon, les habitants mettent des lanternes à flotter dans les rivières, on appelle cela le “Tôrô nagashi” (灯籠流し). Par ailleurs, il n’est pas rare de pouvoir admirer dans le ciel des feux d’artifices. Le voyage retour peut durer jusqu’à la fin du mois selon les régions.
La nourriture d’O-bon
Lors d’O-bon, les japonais privilégient une nourriture saine, composée majoritairement de fruits frais et de légumes. En effet, symbole de bonne santé et dons simples de la natures, ces derniers reflètent la etradition bouddhique et une volonté de pureté pendant la période sacrée.
Shôjin-ryori (精進料理)
Shôjin-ryori ou “nourriture spitiruelle”, est la cuisine monastique japonaise. Encore servie de nos jours dans les temples, elle respecte quelques principes. Bouddha étant contre l’abattage des animaux vivants, la shôjin-ryori est une cuisine entièrement végétalienne. Il est également interdit d’utiliser de l’ail et de l’oignon afin d’éviter les mauvaises odeurs qui empêchent la méditation. Enfin, pour cuisiner cette nourriture spirituelle, il faut utiliser les cinq saveurs : sucré, salé, amer, acide et piquant. Mais également cinq couleurs : rouge, blanc, vert, jaune et noir, ainsi que cinq modes de cuisson : cru, bouilli, grillé, frit et cuit vapeur.
Shôjin Tempura
Toujours dans cette philosophie, le Shôjin Tempura est un plat végétarien. Composé d‘un genre de tempura préparé à partir de légumes de saison, d’algues et de champignons, légèrement panés et frits. Contrairement au tempura classique, il ne contient ni produits d’origine animale ni œufs. Cela lui confère une texture légère et croustillante qui met en valeur la douceur naturelle des légumes.
Shōryō-dango (精霊団子)
Ces dango préparés dans certaines régions, sont spécifiques pour les esprits des ancêtres. Si au départ, ils constituent une offrande de choix pour leur texture simple à manger, ces petites boules à base de farine de riz possèdent toute une symbolique. Déjà par leur composition, le riz étant un aliment des plus sacrés au Japon, ils doivent être disposés en nombre impair (5 ou 7). Cela symboliserait un accueil chaleureux des âmes revenues dans le monde des vivants.
Conclusion
L’o-bon est aujourd’hui une fête familiale pour commémorer les morts et de se retrouver pour quelques jours autour de nourriture abondante et de milliers de lanternes. N’hésitez pas à aller découvrir nos autres articles sur notre blog umamiparis.com!
