Matcha, sencha, hojicha ou encore genmaicha… ces noms vous seront sans doute familiers si vous vous intéressez au thé japonais. Mais derrière ces appellations bien connues se cache une réalité plus complexe et passionnante : les cultivars. On vous explique tout !
Introduction
Aujourd’hui, la plupart des thés japonais sont issus de cultivars sélectionnés, comme le célèbre Yabukita, la variété la plus répandue au Japon. Pourtant, cette standardisation est relativement récente.
Avant l’ère Meiji, les thés n’étaient pas produits à partir de cultivars nommés, mais de théiers sauvages appelés zairai, c’est-à-dire des espèces indigènes poussant naturellement sans intervention humaine. Chaque plantation possédait ainsi une biodiversité unique, et les saveurs des thés variaient grandement d’une région à l’autre. L’introduction de variétés sélectionnées comme le Yabukita a permis d’uniformiser la production et de stabiliser la qualité, mais elle a aussi contribué à l’appauvrissement de cette diversité originelle.
Yabukita, le cultivar le plus populaire du Japon
Son histoire commence en 1908, lorsque Hikosaburô Sugiyama, un cultivateur passionné, découvre un théier aux qualités remarquables dans une bambouseraie de Shizuoka. Parmi les plants qu’il fait pousser, deux spécimens se distinguent : l’un au nord de la parcelle, l’autre au sud. Il les baptise Yabukita « au nord de la bambouseraie » et Yabuminami « au sud de la bambouseraie ». C’est le Yabukita qui s’impose, officiellement enregistré à l’échelle nationale en 1956.
Si cette variété s’est imposée comme un standard, c’est parce qu’elle coche toutes les cases : résistante au froid, adaptable à divers terroirs, elle offre des rendements élevés et une qualité constante. Son profil gustatif équilibré (astringence maîtrisée, douceur naturelle, notes umami et arôme végétal frais) en fait la base idéale du sencha, le thé vert le plus populaire du Japon. Multipliée par bouturage pour garantir des caractéristiques homogènes, elle est aujourd’hui presque une référence universelle. Pourtant, elle n’est qu’un visage parmi bien d’autres.
D’autres cultivars, d’autres personnalités
Comme pour le vin ou le café, la variété de la plante est l’un des premiers déterminants du goût. Deux thés cultivés dans la même région, avec les mêmes techniques, peuvent présenter des profils aromatiques radicalement différents selon leur cultivar. C’est précisément là que réside toute la richesse du thé japonais.
Yutakamidori
Développé à partir de semis de la variété Asatsuyu, surnommée le « gyokuro naturel » pour sa douceur et sa saveur riches, le Yutakamidori représente près de 30 % de la production de Kagoshima. Peu résistant au froid, il est l’un des premiers thés cueillis au printemps, cinq à sept jours avant le Yabukita. Juste avant la récolte, les producteurs recouvrent les théiers d’un voile filtrant 60 % de la lumière solaire pendant une semaine : les bourgeons s’attendrissent, la couleur de l’infusion s’intensifie, et l’amertume recule. Un procédé qui rapproche le sencha ainsi obtenu de la douceur caractéristique du gyokuro.
Saemidori
Né du croisement entre le Yabukita et l’Asatsuyu, le Saemidori hérite du meilleur des deux : la robustesse et la régularité de l’un, la douceur et l’umami profond de l’autre. Son profil est tout en finesse : peu d’amertume ou d’astringence, une douceur riche, une saveur umami délicate très appréciée des amateurs de thé exigeants. Sa discrétion aromatique en fait également une variété idéale pour les assemblages, où il rehausse la douceur globale sans dénaturer les autres composantes. Récolté environ cinq jours avant le Yabukita, il est principalement cultivé à Kagoshima, avec une expansion progressive vers Shizuoka et la région de Kinki.
Okumidori
Issu d’un croisement entre le Yabukita et le Shizuoka Zairai N°16, l’Okumidori est principalement cultivé à Kagoshima et à Kyoto. Sa forte teneur en théanine lui confère un goût particulièrement doux et riche, avec très peu d’amertume. C’est une variété de choix pour les thés d’exception comme le matcha et le gyokuro, mais elle donne aussi un sencha de belle tenue. Variété tardive, elle est récoltée environ huit jours après le Yabukita, et son infusion se distingue par une couleur verte profonde et lumineuse : un critère esthétique très valorisé dans l’univers du thé.
Sayamakaori
Développé dans la région de Sayama, dans la préfecture de Saitama (bien plus au nord que les grands bassins producteurs), le Sayamakaori doit son nom à son arôme caractéristique, vert et frais (« kaori » signifie « parfum » en japonais). Issu d’un croisement avec le Yabukita, il en a hérité la solidité tout en développant un caractère aromatique plus affirmé. Son rendement est nettement supérieur à la moyenne, et sa résistance au froid lui permet d’être cultivé presque partout au Japon, y compris en zones montagneuses. Côté tasse, il se distingue par une astringence légère, une belle fraîcheur et une longue finale en bouche.
Les thés japonais chez Umami
Du matcha de cérémonie au hojicha du soir, la gamme Umami a été pensée pour explorer le thé japonais dans toute sa diversité !
Matcha
Sencha
Gyokuro
Hojicha
Genmaicha
Kukicha
Conclusion
Le yabukita a construit l’identité du thé japonais tel qu’on le connaît, mais il serait dommage de s’y limiter. Derrière chaque cultivar se cache un profil aromatique unique : autant de raisons d’explorer au-delà du standard et de redécouvrir toute la richesse que le thé japonais a encore à offrir.
